Partie 1
Le romantisme est un mouvement culturel qui commence à la fin du XVIIIe siècle et dont l’apogée eu lieu au XIXe siècle. Il naît en opposition à la philosophie des Lumières, c’est avant tout une révolte contre un avenir qui ne promet pas grand chose, contre le rationalisme qui brime, contre l’ordre établi, contre la bourgeoisie qui s’enrichie de plus en plus.
Les romantiques rejettent le classicisme et prônent l’expression, la spontanéité, l’imagination, le sentiment. Plusieurs penseurs et écrivains de l’époque considèrent la musique comme un langage qui intervient au delà de la parole et de l’image, comme un moyen d’exprimer l’inexprimable.
Le premier à parler de musique romantique est E.T.A Hoffmann, écrivain et compositeur allemand : « Lorsque l’on parle de musique comme d’un art autonome, on ne devrait jamais penser qu’à la musique instrumentale puisque (…) elle est seule à exprimer avec une pureté sans mélange la véritable essence de l’art. Elle est le plus romantique de tous les arts – on pourrait presque affirmer qu’elle seule est authentiquement romantique. (…) La musique dévoile à l’homme un royaume inconnu, un monde qui n’a rien en commun avec le monde sensible qui l’entoure, un monde dans lequel il laisse derrière lui tout sentiment précis pour plonger dans l’indicible. »
En Allemagne, c’est le compositeur Ludwig van Beethoven qui ouvre la voie à l’expression intérieure. Il est difficile à classer entre la période classique et romantique. Il est classique dans la forme, car il reste attaché aux structures classiques. Romantique dans cette liberté expressive qui caractérise sa musique.
Désormais, la musique instrumentale est considérée comme plus pure et plus libre car non rattachée à un texte. On distingue donc la musique pure ou absolue de la musique à programme (en lien avec une idée extra-musicale). Cette évolution du jugement esthétique est en lien avec la découverte de la dimension expressive du piano. Et le piano va devenir peu à peu le symbole de la créativité du compositeur romantique, véritable vecteur de leurs sentiments et de leurs émotions.
Partie 2
L’idée et l’esprit romantique est facile à caractériser. Mais le style romantique lui n’est pas aussi simple à définir. Au début, ce n’est pas vraiment un stylé déterminé, il est juste différent, en opposition au style classique. Pourtant, le langage reste sensiblement le même, il n’y a pas de rupture nette de ce côté là. Les structures classiques continuent d’être des références pour les compositeurs romantiques qui vont aller plus loin du point de vue de l’expressivité, de l’harmonique, de l’utilisation du rythme… Ils dépassent les lignes classiques et créent de nouvelles formes mais sans vraiment en modifier les fondements techniques et théoriques.
C’est à partir de 1830 qu’une deuxième génération de romantiques apparaît en Allemagne et en France. Cette nouvelle génération plus jeune n’a pas connu le siècle des lumières, pour eux cela appartient au passé et ils ne vont pas se construire en s’opposant à cette période. Ce qui les anime, c’est la quête de la modernité.
Les principales nouveautés sont la pièce brève et poétique pour piano, le lied artistique, le poème symphonique et le drame musical.
Le lied
Le mot lied en allemand équivaut au mot chanson en français. Les plus anciens lieder (lied au pluriel) dateraient de la période carolingienne et prennent leur source en Allemagne. Au XVIe siècle, le courant religieux protestant va s’en servir pour fonder son répertoire de chorals. Il évoluera durant plusieurs siècles avant de revenir sur le devant de la scène romantique grâce à Franz Schubert. Il en écrivit environ 600 durant sa vie dont les très célèbre Roi des Aulnes, le cycle du Voyage d’Hiver, La jeune fille et la mort, La Truite, La Belle Meunière et bien d’autres. Il développe considérablement ce genre.
On peut classer les lieder en trois catégories :
-> Le lied strophique simple : la mélodie et l’accompagnement sont les mêmes pour chaque strophes.
-> Le lied strophique varié : la mélodie et l’accompagnement changent dans certaines strophes.
-> Le lied durchkomponiert (continu), la mélodie et l’accompagnement évoluent en fonction du texte jusqu’à former une scène dramatique. Ce qui unifie le tout est généralement la présence d’un motif.
Le lied est donc une chanson allemande basée sur un poème. L’instrument qui accompagne la voix est principalement le piano mais il existe aussi des lieder pour ensemble instrumental. Il existe également des lieder pour chœur. Après Schubert, les compositeurs romantiques seront nombreux à composer des lieder.
Le lied fait partie de la musique à programme puisqu’il est rattaché à un texte.
Le poème symphonique
Le poème symphonique est une composition pour orchestre qui s’inspire d’une idée extra-musicale comme la littérature, l’art picturale ou autre. La structure du poème symphonique est totalement libre. On peut noter que le poème symphonique est tout de très souvent dominé par des effets de timbre marqués et par l’utilisation de motifs parfois rattachés à des personnages ou des évènements de l’histoire.
C’est Liszt qui utilise la première fois le terme de poème symphonique, mais en réalité on peut faire le lien avec plusieurs œuvres bien avant comme les Quatre Saisons de Vivaldi, la 6e symphonie de Beethoven ou encore la symphonie Fantastique de Berlioz.
Le poème symphonique fait partie de la musique à programme puisqu’il est rattaché à une idée extra-musicale.