HDLM 2A – Période Baroque

Partie 1

L’homme de la période Baroque se considère comme un être sensible, habité par les passions et par son imagination. La représentation du monde est harmonieuse et rationnelle. En musique, l’idée est de représenter les passions et les états d’âmes.

Le style Baroque :
Il est né en Italie à la fin du XVIe siècle, et concerne la peinture, la sculpture, l’architecture, la musique et la littérature. Son faste, sa théâtralité, son exubérance et son absence apparente de rigueur en font un style facilement reconnaissable. L’art baroque valorise le mouvement, l’inconstance, la démesure, l’illusion, le mystère…
La musique baroque désigne la musique de la période allant du début du XVIIe jusqu’au milieu du XVIIIe siècle (1750, mort de Bach).
C’est principalement en Italie et en France que ce courant se développe, il débute en Italie avec Claudio Monteverdi (1567-1643) véritable créateur de l’opéra (Orfeo – 1607), on considère souvent que c’est en Allemagne qu’il atteint son point culminant avec J.S. Bach.
Cette musique a été délaissée pendant de longues années avant d’être redécouverte au XIXe, elle n’est appréciée à sa juste valeur qu’à partir du XXe siècle.
L’âge Baroque se situe dans le contexte historique de la Monarchie absolue et conçoit la musique comme servant le sommet de la hiérarchie sociale, lui même au service de Dieu. Les musiciens sont très liés à la Cour et obéissent à des commandes, ils sont considérés comme du personnel.
Le terme baroque vient du portugais barrocco qui signifie “perle irrégulière”.
Une des principales caractéristiques de la musique baroque est la présence d’une basse continue, une ligne de basse jouée le long d’un morceau. Elle est composée d’un ou de plusieurs instruments monodiques graves comme la viole de gambe, le violoncelle ou le basson et d’un ou de plusieurs instruments polyphoniques comme le clavecin, le luth ou encore l’orgue quand il s’agit de musique religieuse.

La musique baroque est une musique de contraste, aigu/grave, mineur/majeur, c’est une musique très codifiée, cela rend la comparaison entre deux compositeurs baroque plus compliquée qu’entre deux compositeurs classique.

Les Formes Musicales :
La période baroque est très fertile en termes de formes musicales : création de l’opéra, du concerto, de l’oratorio, de la sonate…

La suite de danses :
Composition dont les mouvements sont constitués de formes de danses ayant la même tonalité. Au XVIe siècle, on enchaînait deux formes de danses aux caractères contrastés, une danse de tempo lent ou modéré en binaire et un mouvement vif en ternaire, le tout accompagné généralement au luth ou au clavecin. C’est au cours du XVIIe siècle que sa structure se développe pour arriver à 4 danses : l’allemande, la courante, la sarabande et la gigue avec parfois entre les deux dernières la présence d’autres mouvements de danses. Une pièce introductive peut également y figurer, c’est le prélude.


Partie 2

L’opéra :
L’opéra est une pièce de théâtre entièrement chantée, Les chanteurs ont chacun le rôle d’un personnage et sont accompagnés par un orchestre. Il y a des solistes, des chœurs et l’orchestre.
Cette forme est née de la volonté de fusionner plusieurs arts : la musique, le théâtre, les arts visuels (décors)…
Un opéra c’est avant tout une histoire ! Elle est écrite dans le livret. C’est le librettiste qui écrit le livret. Tout comme dans une pièce de théâtre il est découpé en actes et en scènes. Le compositeur et le librettiste travaillent ensemble pour créer un opéra. Les librettistes sont généralement auteurs et/ou poètes. On oublie souvent le nom de l’auteur des paroles d’une chanson. Dans l’opéra, c’est un peu la même chose, c’est le nom du compositeur que l’on retient.


La fugue :
Forme de composition à plusieurs parties, entièrement basée sur le principe de l’imitation et dans laquelle un thème principal du sujet, et un ou plusieurs thèmes secondaires ou contre-sujets, semblent fuir sans cesse de voix en voix. La fugue est issue du canon, qui portait en effet, à l’origine le titre de fuga.


Le concerto :
Le concerto est une composition musicale qui oppose ou fait dialoguer un (concerto) ou plusieurs (concerto grosso) instruments solistes avec une formation musicale plus importante.
Le concerto baroque peut aussi bien être une pièce de musique de chambre pour quelques instruments qu’une œuvre orchestrale pour cinquante musiciens. Il suffit qu’il soit bâti sur une forme d’alternance typique de l’énoncé musical, à la façon d’une discussion. Il est généralement en trois mouvements.


L’oratorio :
Œuvre lyrique dramatique représentée sans mise en scène, ni costumes, ni décors et dont le sujet est essentiellement religieux. Il peut aussi être profane : héros mythologique, sujet historique, hymne à la nature…
L’oratorio est généralement composé pour voix solistes, chœur et orchestre symphonique avec parfois un narrateur. Formellement assez proche de la cantate et de l’opéra, l’oratorio comprend généralement une ouverture, des récitatifs, des airs et des chœurs.


Partie 3

Quelques grands compositeurs de la
période baroque

Claudio Monteverdi (1567 – 1643)

Claudio Monteverdi est né à Crémone en Italie. Il étudie l’orgue, la viole, le chant et l’écriture. Il se fait connaître à vingt ans lors de la parution de son premier livre de madrigaux à 5 voix ; les deux
suivants suivent de peu – il y en aura huit en tout.
En 1590, il entre au service de Vincenzo Gonzague, duc de Mantoue comme instrumentiste puis 10 ans plus tard comme maître de chapelle.
Il se consacre aux madrigaux et à la musique sacrée (Les Vêpres de la Vierge), mais également au genre nouveau de l’opéra, d’abord avec L’Orfeo en 1607. Cette œuvre scénique reprend le mythe d’Orphée et Eurydice. C’est un immense succès, qui marque d’après certains la naissance de l’opéra. En 1613, Monteverdi devient maître de chapelle de Saint-Marc à Venise, poste qu’il occupe jusqu’à sa mort. Il compose une œuvre abondante, principalement des livres de musique religieuse, mais aussi beaucoup d’œuvres dramatiques dont la majorité sont perdues aujourd’hui.

Jean-Baptiste Lully (1632 – 1687)


Issu d’une modeste famille de meuniers italiens, Giovanni Battista Lulli arrive en France en 1646. Remarqué par le jeune Louis XIV pour ses qualités de violoniste et de danseur, le souverain lui offre le titre de « Compositeur de la Musique instrumentale ».
Lully consacre la première partie de sa carrière à la musique de ballet. Aux formes musicales françaises, il apporte une précision et une clarté de structure et d’écriture plus grande. Il simplifie l’art vocal et retient de la tradition italienne le « recitativo » qu’il adapte à l’air à la française. La prise du pouvoir par Louis XIV sera décisive pour la carrière du compositeur. S’associant avec Molière, Lully crée avec lui un nouveau genre réunissant la comédie, le chant et la danse : la comédie-ballet. Ce duo prend fin en 1671 et le compositeur collabore l’année suivante avec Philippe Quinault comme librettiste. C’est avec lui qu’il met en place la tragédie lyrique ou l’opéra
« à la française », genre dans lequel il incorpore un récitatif calqué sur les impulsions de la déclamation et singulièrement adapté à la langue.
L’opéra lulliste se caractérise par un style unique : de grandes lignes mélodiques simples et dramatiquement efficaces autour desquelles s’épanouissent des ouvertures et des interludes brillants
et de nombreuses pièces chorégraphiques.

Henry Purcell (1659 – 1695)


Issu d’une famille de musiciens professionnels anglais, Purcell suit naturellement la formation qui lui ouvre les portes de musicien officiel du roi. Enfant, il rentre dans le chœur de la Chapelle royale, puis lors de sa mue, il devient conservateur des instruments. Doté d’un talent précoce en écriture, il devient très vite compositeur ordinaire pour les violons. Enfin le poste d’organiste de la chapelle de l’Abbaye de Westminster lui sera confié jusqu’à sa mort. Il assimile très vite le patrimoine traditionnel de la musique anglaise de l’âge d’or et les grands courants novateurs tant français qu’italien, qu’il transcende. Sa technique et son intérêt pour la composition pure en font un virtuose de l’écriture, il joue de son art avec complexité et subtilité. L’un des premiers maîtres de la modulation, il s’amuse avec les modes mineur et majeur, avec la basse obstinée nouvellement apparue, inspiré par une ligne mélodique inventive, personnelle,
émouvante et aussi surprenante. Dans le domaine vocal, Purcell possède le génie de la langue anglaise.


Antonio Vivaldi (1678 – 1741)

Né le 4 mars 1678, fils de Giovanni Battista Vivaldi, violoniste à l’orchestre de la basilique Saint-Marc de Venise, Antonio Vivaldi est destiné à être prêtre. Précoce et extrêmement doué pour la musique, il apprend le violon auprès de son père. Très tôt admis à la Chapelle ducale, il bénéficie de l’intense vie musicale qui anime la basilique Saint-Marc et ses institutions.
Ordonné prêtre en 1703, il doit cependant renoncer à exercer son ministère à la suite d’une maladie. Il est nommé alors maître de violon et compositeur en résidence à l’orphelinat Conservatorio dell’Ospedale della Pietà. Il y écrit également la plupart de ses œuvres à destination de ses élèves. L’édition et la diffusion de ses œuvres en Europe lui assurent une popularité internationale. Excellent violoniste selon de nombreux témoignages, Antonio Vivaldi se consacre principalement à la forme du concerto : il introduit en particulier de nouvelles techniques de jeu, enrichit l’orchestration et redéfinit la forme du concerto grosso.
L’œuvre de Vivaldi comprend plus de 470 concerti et sinfonie, 45 opéras, 2 oratorios, plus de 100
cantates, arie et serenate, 75 sonates et une quarantaine d’œuvres de musique sacrée.

Georg Philipp Telemann
( 1681 – 1767)

Contemporain de Bach, Telemann est l’un des compositeurs allemands les plus célèbres de son époque.
Issu d’une famille de classe moyenne dont le père est pasteur, il entreprend, après avoir suivi des études de droit à Leipzig, des études musicales à l’encontre de ce que souhaite sa famille. Il compose son premier opéra « Sigismund » (perdu) à l’âge de douze ans ainsi que des motets pour l’Eglise. Il fonde à Leipzig le
« Collegium musicum », orchestre amateur qui comprend une quarantaine d’étudiants. Il est nommé maitre de chapelle à la cour du Comte Erdmann II de Promnitz en Pologne pour qui il compose 200 ouvertures dans le style français en moins de deux ans. Après avoir été maitre de chapelle à Eisenach et directeur de musique de la ville de Francfort, il est nommé directeur de la musique des Églises de la ville de Hambourg. Grace à son deuxième mariage, avec Katharina Textor, il prend le titre de « bourgeois », ce qui lui donne de côtoyer l’élite locale pour qui il organise des concerts publics. Il prend la direction de l’Opéra de Hambourg qu’il se voit obligé de fermer peu après en raison du manque de public. Il rencontra Haendel et Jean-Sébastien Bach avec qui il se lia d’amitié. Très renommé à son époque,
il refusa de nombreux postes tout au long de sa vie. Il composa environ 6000 œuvres dont la majeure partie fut publiée de son vivant lors de son séjour à Paris.

Jean-Philippe Rameau
(1683 – 1764)

Fils d’organiste, Rameau fait ses études au collège jésuite des Godrans mais n’y excelle pas, il décide alors de se consacrer à la musique. A 18 ans, il se rend en Italie pour parfaire son éducation musicale. Il est ensuite nommé organiste à Avignon, puis à Clermont-Ferrand et compose ses
premières cantates. En 1706, Rameau arrive à Paris où il est organiste chez les Jésuites, et étudie l’orgue, il commence à publier des œuvres pour clavecin. Il prend en charge des fonctions d’organistes, il compose des motets (musique sacrée) et des cantates profanes, puis il retourne à
Paris où il s’installe en 1722. La même année, il publie son ouvrage théorique majeur, le Traité de l’harmonie réduite à ses principes naturels. De façon très novatrice, il présente la musique comme une science et affirme que le principe naturel de la musique réside dans l’harmonie. La carrière lyrique de Rameau débute seulement en 1733, alors âgé de 50 ans. Il crée Hippolyte et Aricie, Les Indes galantes, Castor et Pollux. En 1745, il s’illustre à nouveau avec La Princesse de
Navarre et quatre autres œuvres lyriques ; il devient le musicien officiel de la Cour (compositeur du Cabinet du Roi). Rameau continuera à composer jusqu’à sa mort.


Georg Friedrich Haendel (1685 – 1759)

Malgré la réticence de son père, qui l’espère juriste, Haendel étudie la composition et joue de plusieurs instruments. Organiste de la cathédrale de Halle, mais avide de nouveaux horizons, il se rend à Hambourg, puis voyage 4 ans en Italie, rencontre mécènes et musiciens dans de nombreuses villes, où il compose beaucoup d’œuvres religieuses. Installé à Londres, Haendel mène une vie de compositeur-chef d’orchestre-impresario et fait représenter bon nombre de ses opéras au King’s Theater ; quelques échecs et cabales lui font abandonner cette voie pour se consacrer à la composition d’oratorios, dans lesquels il excelle : il s’inspire de thèmes bibliques ou de personnages historiques. Travailleur acharné, Haendel se présente comme l’homme qui synthétise l’art européen de
l’époque : influencé par des cultures diverses (Allemagne, Italie, France et Angleterre), il écrit une musique inventive, aux formes nobles, majestueuses et à l’harmonie sensuelle. Il magnifie l’oratorio, et la musique dans ses opéras exprime parfaitement les nuances du drame pour laquelle Haendel s’impose, annonçant ainsi les œuvres de Haydn et de Mozart.

Jean-Sébastien Bach (1685 – 1750)

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Cette liste de compositeurs n’est pas du tout exhaustive, voici quelques vidéos pédagogiques qui t’en feront découvrir d’autres :


Source image : http://classic-intro.net/introductionalamusique/baroque2.html

Publié par annarocheman

Enseignante de Formation Musicale et Responsable du département FM du conservatoire de Tremblay-en-France, référente handicap.

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